Sécurité sociale du visa nomade numérique : employeur, certificat ou RETA

Sécurité sociale du visa nomade numérique : employeur, certificat ou RETA

Rédigé par Francisco Ordeig Fournier Mis à jour 4 min de lecture

Un dossier de nomade numérique peut sembler prêt, puis buter sur la preuve de sécurité sociale. Le contrat est signé, la lettre de l’entreprise décrit le poste et les revenus sont suffisants, mais personne n’a décidé où les cotisations seront versées ni ce que couvre réellement le certificat étranger.

Choisissez la voie de cotisation dès le début. L’Espagne distingue le salarié du professionnel indépendant. Le point de départ officiel est la page de l’UGE consacrée aux télétravailleurs internationaux et sa documentation en vigueur. Pour les autres conditions du titre, consultez notre guide du visa nomade numérique en Espagne.

Trois voies possibles

  • Le salarié doit être affilié en Espagne, sauf si un accord applicable et un certificat explicite permettent le maintien de la couverture étrangère.
  • Lorsque la législation espagnole s’applique, l’employeur étranger peut devoir s’inscrire comme employeur et obtenir un compte de cotisation.
  • Le professionnel indépendant doit prendre l’engagement d’affiliation au RETA prévu par la documentation actuelle de l’UGE.
  • Le contrat, la lettre de l’entreprise, la couverture sociale et le travail réel doivent être cohérents.

Déterminer d’abord le statut réel du demandeur

Le titre du contrat ne suffit pas. Un salarié travaille normalement sous l’organisation et la direction de l’entreprise. Un indépendant fournit ses services pour son propre compte et assume le risque commercial. Pour un fondateur ou un associé, il faut aussi examiner les pouvoirs de gestion et les conditions quotidiennes de travail.

La qualification doit rester cohérente dans le contrat, la lettre de l’entreprise, la demande, la paie et les inscriptions fiscales. La voie est régie par la loi 14/2013.

Solution 1 : l’employeur étranger s’enregistre en Espagne

Lorsque la législation espagnole s’applique, la société étrangère peut s’inscrire comme employeur, obtenir un compte de cotisation, puis affilier le salarié. Le numéro fiscal, la représentation et la paie dépendent de sa structure.

Cette inscription ne tranche pas la question de l’établissement stable. La sécurité sociale, la retenue sur salaire, le droit du travail et l’impôt sur les sociétés reposent sur des critères différents. Ils doivent être examinés séparément.

Solution 2 : le salarié conserve la couverture étrangère

L’existence d’une convention de sécurité sociale ne garantit pas le résultat. La convention doit s’appliquer aux faits et l’organisme compétent doit délivrer un certificat qui vise le télétravail en Espagne. Une fiche de paie, un relevé de cotisations ou une assurance privée ne remplacent pas ce certificat.

Il faut contrôler la base juridique, l’Espagne comme pays d’accueil, l’identité de l’employeur et du salarié, la durée et la formulation sur le travail à distance. Si la période couverte est trop courte, il faut corriger cet écart ou l’expliquer avant le dépôt.

Solution 3 : l’indépendant s’affilie au RETA

Pour une relation professionnelle, la documentation actuelle de l’UGE exige un engagement d’affiliation au RETA après l’accord et avant le début de l’activité en Espagne. Cette exigence concerne le dossier d’immigration et ne détermine pas, à elle seule, la couverture applicable au titre de chaque convention de sécurité sociale.

Le calendrier de l’affiliation, l’inscription fiscale et la cotisation doivent être préparés ensemble. Un contrat de prestation peut étayer le dossier, mais il crée un risque s’il contredit les inscriptions ou les conditions réelles de travail.

Faire correspondre le contrat et le travail réel

Nous vérifions qui organise le travail, qui supporte le risque, depuis combien de temps la relation existe, où se trouvent les clients et qui paie les cotisations. Une lettre parlant d’un emploi et un contrat décrivant un prestataire autonome ne forment pas un dossier cohérent.

Le salarié ne peut travailler que pour des entreprises situées hors d’Espagne. Pour l’activité professionnelle, la loi 14/2013 permet des clients espagnols dans la limite de 20% de l’activité professionnelle totale.

L’assurance maladie ne remplace pas la sécurité sociale

Une assurance maladie privée ne corrige pas l’absence d’une voie valable de sécurité sociale. Selon la situation du demandeur, l’UGE peut aussi exiger une preuve de couverture sanitaire. La police et la cotisation doivent être contrôlées séparément au regard de la fiche officielle en vigueur.

Ordre de travail conseillé

  1. Qualifier la relation selon les conditions réelles.
  2. Vérifier la convention internationale applicable.
  3. Demander si l’organisme compétent peut certifier le télétravail en Espagne.
  4. À défaut, préparer l’enregistrement de l’employeur ou l’affiliation au RETA.
  5. Aligner contrat, lettre, certificat, assurance et dates.
  6. Analyser séparément la paie et l’établissement stable.

Questions fréquentes

L’entreprise peut-elle continuer à cotiser à l’étranger ?

Oui seulement si les règles de coordination et un certificat recevable le permettent. Une retenue maintenue sur la fiche de paie étrangère n’est pas une preuve suffisante.

L’inscription de l’employeur crée-t-elle un établissement stable ?

Pas automatiquement. Les pouvoirs du salarié, son rôle commercial, le bureau à domicile et la convention fiscale applicable doivent néanmoins être examinés.

Un indépendant peut-il choisir un certificat au lieu du RETA ?

Les instructions actuelles de l’UGE imposent l’affiliation au RETA aux travailleurs indépendants. L’incidence éventuelle d’une convention bilatérale doit toutefois être vérifiée au cas par cas.

Ce guide fournit des informations générales. Les conclusions en matière de sécurité sociale, immigration, droit du travail et fiscalité dépendent des règles applicables et des faits.